EAUSAGE

Gestion quantitative de la ressource en eau à l’échelle du territoire
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Arnaud Reynaud – INRA – LERNA

Ce projet réunit 3 équipes (UMR LERNA, UMR AGIR et UMR CESBIO) et 3 disciplines (économie, agronomie, télédétection et sciences de l’environnement). Ces trois équipes ont des compétences particulières sur le thème de l’eau, se connaissent et collaborent déjà. L’objectif stratégique est ici de renforcer ces coopérations sur le thème commun de la gestion des territoires et des ressources naturelles, en développant une vision partagée sur le thème de la gestion de l’eau à l’échelle du grand territoire.

Ce projet propose de développer des outils et des méthodes permettant l’évaluation de scénarios en vue d’une meilleure planification conjointe des différentes activités (agricoles, industrielles, domestiques) dans un objectif de « meilleure gestion » des ressources en eau à une grande échelle (région). En termes de politique publique, il vise à améliorer les prises de décision collective dans le cadre de la gestion de la ressource en eau à l’échelle d’un grand territoire. Ce projet s’inscrit donc dans le cadre de la gestion spatiale de l’eau à grande échelle en mettant l’accent sur la composante agricole du territoire.







Le développement d’outils méthodologiques pour l’analyse des conflits d’usage et la gestion de la ressource en eau sur un territoire représentent un enjeu scientifique important dans le domaine de la gestion des ressources naturelles. Développer ces outils suppose un effort d’investigation portant à la fois sur :
(1) la connaissance des demandes en eau (domestique, industrielle et agricole) à l’échelle régionale ;
(2) l’étude du comportement des agriculteurs face au risque climatique, en matière de choix de stratégie d’irrigation et de choix de cultures ;
(3) les méthodes permettant de mesurer la valorisation de l’eau dans ses différents usages ;
(4) la mise au point de scénarios prospectifs d’évolution du contexte économique, agronomique et climatique ;
(5) l’identification des conflits d’usage réels ou potentiels en période d’étiage,
(6) l’analyse prospective de l’impact de la Directive cadre sur l’eau et de la réforme de la Politique Agricole Commune sur la gestion de la ressource.

Les questions de recherche qui seront abordées dans le cadre d’EAUSAGE-quant seront les suivantes. Il s’agit d’abord de progresser sur la connaissance de chaque demande en eau notamment par une meilleure caractérisation de leurs déterminants socio-économiques. Cela passe par exemple pour l’usage agricole par le développement de couplages originaux entre des modèles biophysiques de croissance de plante et des modèles décisionnels ou économiques. Il s’agit ensuite de progresser sur la connaissance de la valeur de l’eau pour chaque usage, autrement dit sur la mesure des surplus générés par le bien « eau » pour chaque type d’usager (valeur privée de la ressource par usage). La plupart des travaux sur les usages de l’eau se limitent à la caractérisation des déterminants des demandes. Pourtant, ce sont les surplus générés qui importent pour la puissance publique dans un contexte de répartition de la ressource en situation de rareté. Il s’agit ensuite de montrer qu’il est possible de proposer et de tester sur les différents usages des scénarios pertinents d’évolution des contextes économiques, agronomiques, climatiques et de ressource en eau à l’échelle d’une région française. Le développement et la validation de ces scénarios constituent un objet de recherche en soi. Il s’agit ensuite de caractériser la valeur sociale de la ressource en eau en montrant qu’elle résulte de la confrontation d’une offre globale de ressource et d’un ensemble de demandes sur un territoire donné. Les spécificités en termes d’offre ou bien de demandes conduiront vraisemblablement à une valeur sociale de l’eau très différente d’un point à un autre du territoire.

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Ce sont ces différences en termes de valeur sociale de l’eau qui doivent guider la puissance publique dans ses politiques de gestion de la ressource en eau. A notre connaissance, aucun travail français n’a réussi à mesurer cette valeur sociale de la ressource en eau sur une grande échelle. D’un point de vue méthodologique, le passage à l’échelle régionale nécessite des évolutions méthodologiques importantes à la fois pour les agronomes et les économistes impliqués dans le projet. Cela pose des problèmes méthodologiques d’agrégation ou de désagrégation de données déjà étudiés par ailleurs par certaines équipes. Enfin, cette approche à une grande échelle nécessite le développement de modèles originaux pour la gestion intégrée de la ressource en eau. Peu de travaux existent en France à cette échelle alors que la recherche est très active dans d’autres pays.

Le premier aspect innovant de ce projet est son échelle : rarement des travaux sur la gestion de la ressource au niveau d’un territoire ont été menés à une échelle régionale. Cette échelle est pertinente en termes de définition de la ressource, en termes de mise en oeuvre de politiques publiques, et en termes d’organisation du territoire. Le deuxième aspect innovant de ce projet est la prise en compte simultanée des différents usages (agricole, domestique et industriel) et la confrontation entre ces trois usages (la demande en eau) d’une part, et la quantité de ressource disponible (l’offre) à l’échelle du territoire d’autre part. Beaucoup de travaux existent sur chaque usage mais très peu d’entre eux analysent conjointement les trois principaux usages sur un territoire donné. En outre, ce projet est un projet multidisciplinaire qui associera des équipes spécialistes en agronomie, sciences de l’environnement, télédétection et économie. Les trois équipes impliquées sont spécialisées sur le thème de l’eau, se connaissent et travaillent déjà ensemble sur des projets de recherche communs. Enfin, ce projet est réellement interdisciplinaire. La modélisation de l’usage agricole de l’eau ou le changement d’échelle nécessitent un réel dialogue entre économistes et agronomes pour construire et paramétrer les modèles.

 

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