MAEVEAU

Evaluation intégrée des mesures agri-environnementales à enjeu « qualité des eaux »
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OBJECTIF ET DEMARCHE :

le projet MAEVEAU a développé une démarche d’évaluation intégrée de l’efficacité des Mesures Agro-Environnementales Territorialisées (MAET) à enjeu préservation de la qualité de l’eau vis-à-vis des pesticides. Cette démarche questionne le concept d’efficacité au travers d’une triple analyse pour rendre compte de leur impact (effets propres), de leur coût-efficacité environnementale et du rôle des facteurs organisationnels dans le processus d’adhésion. L’impact est évaluée par une approche quasi-expérimentale par contrefactuel et questionne l’adaptation de la méthode du matching à la territorialisation des MAET. L’analyse coût-efficacité s’appuie sur une modélisation intégrée spatialisée couplant modèle agro-hydrologique SWAT, indicateurs pesticides et optimisation économique des marges brutes. L’efficacité des facteurs organisationnels s’est intéressée aux coûts de transaction, au rôle de l’action collective et aux préférences pour des contrats alternatifs.

PRINCIPAUX RESULTATS :

Les MAET évaluées concernent la réduction du désherbage pour les grandes cultures (Phyto 04, réduction du nombre de traitements herbicides) et la viticulture (phyto_10, absence de désherbage sur l’inter-rang) contractualisées sur la période 2007-2011 ainsi que six scénarios d’évolution des pratiques ou systèmes intégrant ces deux engagements unitaires. Les résultats montrent que l’adhésion des agriculteurs à ce nouveau dispositif est restée très faible. Sur les 490.000 exploitations agricoles françaises (2010), seuls 49.000 exploitations ont pu souscrire à des MAET pesticides compte tenu de leur appartenance aux 262 territoires de projet éligibles aux aides. Au sein de l’ensemble de ces territoires, ce sont 2.793 agriculteurs qui ont souscrit une MAET pesticides sur 137.398 ha pour un montant de 18,7 millions d’euros (en 2011). Les cultures concernées sont les grandes cultures (93 % des surfaces engagées) essentiellement en Bretagne et dans les régions du Nord de la France puis la vigne (3 % des surfaces engagées) essentiellement en Poitou-Charentes, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Les trois engagements unitaires les plus souscrits sont Phyto_04, 05 et 06.

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L’évaluation de l’impact (effet propre) a porté sur la MAET Phyto_04 (réduction des herbicides) en grandes cultures sur tout le territoire français. Evaluer l’effet propre de cette MAET a consisté à estimer sa contribution à la réduction de l’IFT herbicides chez les agriculteurs bénéficiaires de cette MAET. L’efficacité est calculée comme la différence d’IFT (indicateur de fréquence de traitements) entre les agriculteurs bénéficiaires de la mesure et une population d’agriculteurs non bénéficiaires qualifiée de contrefactuelle (ou jumeaux car comparable après appariement par la méthode du score de propension). Sept critères sont retenus pour questionner la prise en compte de la territorialisation dans la méthode du matching: appartenance à un territoire de projets, types d’agrosystèmes et de sols, pluviométrie annuelle, nombre de jours annuels de pluie, qualités chimique et écologique des masses d’eaux. Le respect de la validité statistique pour le calcul de ce score de propension a conduit à l’exclusion de toutes les autres MAET du processus d’évaluation compte tenu du trop faible nombre d’agriculteurs contractants présents dans les deux enquêtes nationales pratiques agricoles (viticulture ou grandes cultures). L’analyse typologique des deux populations étudiées (bénéficiaire et jumeaux) montre qu’elles sont globalement similaires et révèle quatre types d’exploitations : (1) grandes cultures, (2) systèmes d’élevage, (3) pluriactivité et (4) agriculture biologique. La bonne qualité prédictive du modèle logit développé est confirmée par trois tests (courbe de ROC, test de Hosmer-Lemeshow, fonction MatchBalance). Au final, les travaux apportent des réponses aux deux questions initiales traitées : (1) l’efficacité de la MAET phyto_04 (désherbage) en grandes cultures est confirmée. Elle contribue à une diminution moyenne de l’IFT herbicide de 0,43 point d’IFT, soit une réduction de 30 % du nombre de traitements herbicides par ha en grandes cultures (l’IFT moyen chez les bénéficiaires est de 1,06 versus 1,49 pour les jumeaux appariés), (2) la prise en compte des six variables territorialisées dans la construction du modèle
améliore la pertinence spatiale et agronomique de l’appariement et contribue à améliorer de 10 % l’estimation de la réduction d’efficacité (1,34 versus 1,49 d’IFT moyen).

L’évaluation coût-efficacité environnementale a reposé sur le développement d’une modélisation intégrée spatialisée de scénarios de changements de pratiques à l’échelle de sous bassin. Les résultats montrent qu’il est possible de confronter sur une même échelle spatiale deux types de résultats : (i) l’efficacité environnementale des scénarios estimée à partir d’indicateurs pesticides (IFT, PREMA, Arthur, indicateur composite) et d’un modèle agro-hydrologique (SWAT), (2) les coûts supportés par les agriculteurs adoptant ces scénarios de changement. 7 scénarios (dont un de référence) issus d’un processus de co-construction avec des groupes d’acteurs locaux ont été modélisés et testés sur le bassin versant du Né. Les résultats de l’analyse coût-efficacité convergent vers les mêmes conclusions quel que soit l’approche d’estimation de l’efficacité environnementale (réduction d’IFT versus réduction de concentration en μg/l) Ils mettent en avant deux groupes. Les deux scénarios les plus coût-efficace (1er groupe) correspondent au scénario S2 (MAET Phyto_04 et 10 sur tout le bassin et allongement des rotations sur 100 % des grandes cultures) et au scénario S3B (20 % du vignoble converti en agrobiologie, le reste du vignoble sans désherbage sur l’inter-rang et 100 % des grandes cultures avec allongement des rotations et réduction du nombre de traitements en désherbage chimique). L’efficacité environnementale estimée correspond à une réduction de la concentration en pesticides d’environ 4 μg/l pour une réduction d’environ 45 % pour l’IFT herbicide et de 35 % pour l’IFT hors herbicide. Le second groupe correspond à trois scénarios intermédiaires pour lesquels l’efficacité estimée conduit à une réduction d’environ 2,5 μg/l (scénario S1A : 25% de la SAU adopte les pratiques du scénario S2, scénario S3A : 20 % vigne en agrobio et scénario S4 : conversion des cultures en bandes enherbées le long des cours d’eau). Les coûts moyens annuels varient entre 0 et 170 € par hectare de mesure mise en oeuvre Les scénarios les plus « coûteux » sont les scénarios S4 (environ 152 €/ha) et S3A (environ 100 €/ha).

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Quant à l’évaluation de l’efficacité des facteurs organisationnels de contractualisation des MAET, les résultats montrent que le processus de contractualisation peut s’expliquer par différents facteurs : l’expérience antérieure de l’exploitant sur ce type de contrats, un niveau plus élevé de formation agricole initiale, une adhésion à des réseaux professionnels agricole, des motivations sociétales telles que la sensibilité à la préservation de la nature ou aux sports de nature (pêche, chasse). Il existe peu de différences dans les caractéristiques socio-structurelles des bénéficiaires désireux de prolonger le contrat et ceux qui déclarent ne pas souhaiter le renouveler. Les principaux freins identifiés dans les raisons de renouveler ou non un futur contrat sont (i) une trop longue durée d’engagement, (ii) des subventions non adaptées aux coûts de production ou aux prix de vente plus ou moins rémunérateurs selon les années. Les agriculteurs désireux de prolonger la MAE sont ceux pour lesquels les changements induits ont eu le moins d’impact (charge de travail, vulnérabilité aux aléas ou fonctionnement général de l’exploitation). Quant aux préférences des agriculteurs pour des formes de contrats alternatifs, il ressort un (i) fort intérêt pour des clauses permettant de renégocier le contrat et (ii) un intérêt moyen pour la possibilité de bénéficier d’une dérogation individuelle ou d’un accompagnement technique durant la mise en place du programme.

S’agissant du rôle de l’action collective dans le processus d’adhésion aux MAET, les résultats montrent un niveau important d’adhésion des agriculteurs pour les deux coopératives suivies en Midi Pyrénées (Geryscoop et Qualisol) par rapport aux autres territoires de projet de la région. Trois facteurs sont identifiés comme facilitant cette acceptabilité : (1) la possibilité laissée aux acteurs locaux de fixer certaines « règles du jeu » sur le territoire du projet contribue à rendre davantage légitime ces règles aux yeux des agriculteurs, à en réduire les incertitudes et, in fine, à permettre une meilleure appropriation du dispositif par les différents acteurs impliqués, (2) la présence d’un opérateur économique a facilité l’instauration d’un climat de confiance dans une logique de risques partagés (baisse possible de la qualité et du volume collecté), (3) les dispositifs d’animation mis en place favorisent le partage d’expériences, réduisent les coûts d’apprentissage et stimulent l’expérimentation.